La situation du sans‑abrisme à Lyon continue de se dégrader. Si la présence accrue de tentes et de personnes à la rue est aujourd’hui très visible, l’exclusion liée au logement recouvre des réalités multiformes, souvent invisibles : hébergement précaire chez des tiers, squats, habitats de fortune, errances discontinues.
Merci a anne Chatanay-brosset, directrice de la maison de la veille sociale pour son eclairage sur la situation lors du comité des fondateurs elargi, du 21 avril 2026.
Selon les données issues du rapport annuel de la Maison de la Veille Sociale (MVS), plus de 24 000 personnes sont aujourd’hui en situation d’exclusion liée au logement sur la métropole lyonnaise, soit une augmentation de 16 % entre 2019 et 2024.
Parmi elles :
Ces chiffres restent probablement sous‑évalués, car ils reposent sur les demandes d’aide. De plus en plus de personnes ne sollicitent plus les dispositifs existants : c’est le phénomène du non‑recours, accentué par la saturation de l’hébergement. Une étude nationale estime ainsi que 44 % des ménages sans abri ne contactent jamais le 115.
La Maison de la Veille Sociale est un acteur central, bien que peu connu du grand public. Elle pilote le SIAO (Service Intégré d’Accueil et d’Orientation), plateforme créée par l’État pour coordonner l’accueil, l’hébergement et l’accès au logement des personnes sans domicile.
Elle assure notamment :
Comme le résume sa directrice, Anne Chatanay‑Brosset :
« La Maison de la Veille Sociale est le chef d’orchestre invisible de l’urgence sociale. Sa mission centrale : garantir l’équité dans un système saturé. »
En pratique, les réponses apportées sont contraintes par la pénurie de places :
Le Samu social, porté par Alynea, est en première ligne : en 2024, il a rencontré 5 000 personnes, dont 673 enfants, 67 bébés et 27 femmes enceintes, avec une hausse de 25 % des signalements.
Les parcours menant au sans‑abrisme sont marqués par des ruptures : expulsion, sortie d’institution sans solution, violences, parcours migratoire complexe, rupture familiale ou professionnelle. Ces ruptures ont de lourdes conséquences sur la santé physique et mentale et alimentent le non‑recours aux droits.
Face à cette complexité, L’Entreprise des Possibles agit en complémentarité des acteurs publics et associatifs. Son action repose sur une conviction forte : on ne sort durablement de la précarité qu’en répondant à l’urgence tout en construisant des parcours vers l’autonomie.
Le collectif concentre son action autour de trois axes :
En soutenant des projets d’accueil, d’hébergement, de logement et d’accès à l’emploi, et en mobilisant les entreprises et leurs collaborateurs, L’Entreprise des Possibles contribue à rendre possibles des réponses humaines et adaptées, là où les dispositifs existants atteignent leurs limites.